Saucony progrid ride 1, l'art du mouvement

À l’occasion de l’arrivée de la Saucony Progrid ride 1 nous avons imaginé une série photo construite autour du geste, de la couleur et de la matière. Pour accompagner cette silhouette qui mêle héritage running, confort quotidien et esthétique lumineuse nous avons rencontré l’artiste plasticien Silvio Mildonian dans son atelier, au cœur de son univers, entouré de ses œuvres et de sa pratique.

Entre sa base blanche, ses accents jaunes Buttercup et sa construction légère en mesh, la Progrid ride 1 évoque une énergie solaire à la fois sportive et urbaine. Une sneaker pensée pour le mouvement que nous avons voulu mettre en scène à travers le regard d’un artiste.

Dans la suite de l’article, Silvio Mildonian se dévoile au rythme de la paire nous en apprend un peu plus sur son histoire, son processus créatif, son rapport à la couleur.

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Family 3.0.: Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter rapidement et nous raconter comment tu es arrivé à la peinture ?

Silvio Mildonian.: Je m’appelle Silvio Mildonian, j’ai 34 ans, je suis marseillais né à Marseille et je pratique la peinture depuis l’âge de 18-19 ans. J’en suis arrivé à la peinture par le biais du graffiti pur dont je me suis émancipé par la suite pour épouser une pratique de peintre à part entière et développer une recherche picturale plus personnelle, dans l’intimité de l’atelier.

Comment tu décrirais ton travail à quelqu’un qui le découvre pour la première fois ?

Mon travail se décrit par une recherche compositionnelle basée sur la couleur, le mouvement et une figuration dite « digerée » qui tend vers une forme d’abstraction. On peut parler de peinture concrète. L’expression par le geste et la couleur y occupe une place centrale, tout comme le vocabulaire de la mémoire et du souvenir. C’est une peinture de sensation, qui évoque souvent de manière détournée et fantasmée le paysage et le quotidien marseillais qui s’offre à moi chaque jour, ainsi que les influences diverses qui exercent, par moments, une action inexplicable.

Tu as commencé en autodidacte, après une première approche du graffiti. Qu’est-ce que cette culture t’a apporté dans ta manière de peindre aujourd’hui ?

La culture du graffiti m’a beaucoup apporté. Elle m’a permis d’aborder la pratique sans règles picturales strictes, de me confronter à une réalisation rapide et efficace dans un temps imparti court. Elle a nourri mon geste ainsi que mes sens, ma capacité à faire des choix compositionnels rapides et efficaces. Cette école m’a également donné la liberté de création.: je n’ai pas été soumis à une pression académique. Le graffiti m’a aussi permis de me définir socialement au travers d’une expression sans concession, il m’a offert une « famille d’artistes ». J’ai pu expérimenter en groupe et partager la peinture avec des camarades exceptionnels, qui m’ont beaucoup apporté et inspiré. Cette culture a également défini, en partie, ma vision de la couleur, qui se veut efficace et expressive. Une pensée pour Antoine.

Dans tes oeuvres, on sent beaucoup d’énergie, de mouvement et de spontanéité. Est-ce que tu peins plutôt dans l’instinct ou est-ce que tes tableaux sont très construits en amont ?

Je pense que ma peinture se construit aussi bien en amont, avec la réalisation de dessins entre les temps de production d’atelier plus classiques et de grands moments de réflexion et de recherche personnelle, que dans l’action, la spontanéité du geste et l’instinctivité. Tous ces aspects sont travaillés au préalable, cela ne vient pas de nulle part. À partir de cette base de recherche solide je peux faire appel à mes réflexes et à mon intuition devant la toile. C’est ce mélange de travail de recherche et de sensation dans la réalisation qui me permet de produire une peinture forte et reconnaissable.

Quelle place occupent la couleur dans ton travail ?

La couleur occupe une place centrale.: elle est vecteur de sensations, de ressenti, d’émotions, de territoire, de souvenirs, de mémoire. Il est très important pour moi de m’exprimer à travers elle. Par sa frontalité et sa radicalité, elle met en lumière l’expressivité certaine qui me caractérise.

On retrouve souvent une dimension très personnelle dans ta peinture. Est-ce que chaque tableau raconte quelque chose de toi ?

Chaque tableau raconte, je pense, nécessairement une partie de moi, ou de quelque chose qui me caractérise et fait ce que je suis. Cela peut être une personne, un souvenir, un moment ou tant d’autres choses encore. Je ne suis pas toujours en capacité d’identifier précisément, sur le moment, à quel endroit du tableau cela se loge. Parfois je comprends après coup pourquoi une couleur, une forme ou un geste est revenu de telle manière, la toile a parlé avant moi. Certaines peintures m’échappent ainsi pendant longtemps mais elles existent quand même. C’est aussi cela, la peinture.: le doute et l’incompréhension face à sa propre création. D’autres se révèlent plus vite, presque d’elles-mêmes. Il y a une part de mystère, et même de mysticisme, dans toute production.

Tu es basé en Provence. Dans quelle mesure la région influence ton travail, même de manière indirecte ?

La Provence est un vecteur de sensation et d’atmosphère.: une lumière particulière, un climat sec, un paysage parfois plat qui laisse l’horizon se révéler à l’oeil avec souvent des montagnes ou des collines au loin. Chez moi cela fait appel à la contemplation, au temps long, à la poésie et au récit de nos anciens, qui racontent une vie douce, paisible, agréable, parfois dans l’effort et sous la directive d’un soleil qui tape fort, mais toujours dans la joie et l’optimisme.

Qu’est-ce que tu aimerais encore explorer dans les prochaines années ?

Dans les prochaines années, j’aimerais avant toute chose garder le plaisir et l’émerveillement de la création, de la peinture. J’aimerais pouvoir peindre vieux, toujours avoir cette boule au ventre quand l’idée me vient, cette excitation du lendemain à l’atelier. Les axes de recherche en peinture sont infinis et multiples, tout peut arriver en peinture. Je souhaite, en premier lieu et avant tout, peindre heureux et en phase avec ce que je suis et ce qui m’entoure. Créer le plus longtemps possible, que ce soit en peinture ou par l’intermédiaire d’un autre médium. En quelque sorte, explorer la vie dans son ensemble.

Merci à Saucony et à Silvio Mildonian pour leur confiance dans ce projet. La Saucony ProGrid Ride 1 est à découvrir plus en détail ci-dessous, avant sa sortie le 26 juin à partir de 10h, en ligne et en boutique chez Family 3.0. Petit cadeau de notre part, chaque achat d'une paire sera accompagné d'un t-shirt imaginé en collaboration avec l'artiste.